Skip to main content

Last Updated on 8 mai 2022 by okby.zenasni

Une seule difficulté à la fois…C’est facile à dire…mais pourtant on trouve souvent des leçons et supports comprenant plusieurs difficultés à la fois…

Je vous donne deux exemples concret de ce que j’ai pu voir régulièrement sur le terrain.
En arabe, l’enfant doit apprendre chaque lettre isolée avec, dans la foulée, les lettres du début du milieu et de la fin, soit au final 4 lettres pour une…soit quadruple travail d’assimilation pour un enfant!

C’est pour éviter cela que Fasslii propose un premier support : l’alphabet des sons dans lequel chaque lettre isolée est vue avec les trois voyelles avec des images colorées pour stimuler la mémoire de l’enfant…

Capture d’écran du document « Alphabet des Sons » p27

…puis dans un second temps : l’alphabet des écritures dans lequel il est vu l’écriture de chaque lettre au début, au milieu, à la fin avec aussi des images.

Capture d’écran du document « Alphabet des Écritures » p4

Autre exemple, en français cette fois-ci. Lorsque l’enfant (qui vient tout juste d’apprendre les sons des lettres minuscules de l’alphabet) doit lire un texte avec des majuscules…Au final, cet enfant doit tenter de deviner quelles minuscules se cache derrière telle ou telle majuscule qui a une forme différente. Cela lui demande donc un effort important qui le ralentit forcément dans sa lecture pour ne pas dire le bloque parfois (complètement) dans sa lecture…
C’est pour éviter cela que dans la série « je sais lire tout seul » Fasslii propose justement des livres volontairement sans majuscules afin que l’enfant qui vient tout juste de découvrir les lettres (minuscules) de l’alphabet arrive à déchiffrer des mots simples et prenne tout simplement plaisir à lire, ce qui va être déterminant pour la suite ….

Dans ces exemples, nous voyons bien que multiplier les difficultés dans une même leçon ou support oblige l’enfant à mobiliser trop de facultés intellectuelles en même temps.

Conséquences sur l’enfant ?

  • l’enfant va avoir des difficultés plus ou moins importantes à assimiler la leçon et utiliser le support concernés ;
  • il va peut-être se décourager et baisser les bras ;
  • il va peut-être se convaincre que ce n’est pas pour lui… ;
  • il va retenir que cela lui a demandé beaucoup de concentration, des efforts ;
  • il aura vraiment du mal à s’y remettre la fois d’après.
    De notre côté, nous allons croire, à tort, que cet enfant n’aime pas (trop) lire…

En réalité, le problème vient de la leçon ou des supports qui comportent beaucoup trop d’informations à assimiler en même temps pour un enfant.
Certains enfants s’accrocheront et finiront avec un peu de persévérance par comprendre.
Mais est-ce le cas de la majeure partie des élèves ?
Il suffit de voir le niveau actuel des élèves et leur faible motivation pour travailler pour se rendre compte que la plupart d’entre eux mettront plus de temps à comprendre et retenir.
Non pas parce qu’ils sont moins intelligents que les premiers mais parce qu’ils ont besoin d’avancer naturellement par étape logique et progressive.

Qu’est ce qui est le plus logique et efficace ?

Afin de bien comprendre ce qu’il en est, je vous propose deux cas de figure concret à analyser.
Imaginez…
Cas 1 : l’enfant apprend à écrire au stylo des mots dont certaines lettres n’ont pas encore été apprises. Il va arriver (plus ou moins bien) à écrire le mot car les lettres ne sont que des graphismes qu’il va reproduire. Mais va-t-il écrire les lettres qu’il n’a pas encore vues dans le bon sens et de la bonne manière ?
Cas 2 : l’enfant apprend les lettres à l’aide de lettres rugueuses qui lui font utiliser l’ouïe, la vue le toucher puis s’entraîne, en parallèle, à les écrire sur une ardoise dans le bon sens et de la bonne manière, tout d’abord, isolément puis, petit en petit, ensemble. Le travail d’écriture est un travail qui demande du temps et de la patience si l’on veut qu’il soit bien fait et que cela facilite l’enfant dans ses apprentissages au lieu de l’handicaper…Pendant ce temps-là, il est possible d’aider l’enfant à patienter en lui proposant de former des mots avec des lettres en bois : il écrit des mots sans stylo le temps que ses doigts deviennent plus agiles et ses gestes plus sûrs en lui faisant faire de nombreuses activités de vie pratique dont je vous reparlerai dans un prochain article.
Je vous redemande…Qu’est ce qui est le plus logique et efficace ?

Sans aucun doute le cas 1 est plus facile…pour l’enseignant…mais absolument pas pour l’enfant qui prend, en fin de compte de très mauvaises habitudes et ce pour toute sa vie…
Si nous n’isolons pas les difficultés, l’enfant mettra immanquablement plus de temps à comprendre et retenir. Sans compter qu’il peut se lasser, ou pire se décourager !

Comment faire alors?

Lui rendre la tâche plus facile…
Pour cela, il suffit d’isoler les difficultés pour qu’elles deviennent une succession d’étapes faciles et ludiques à franchir.
Tout devient plus facile pour l’enfant dont l’assimilation de la notion est plus rapide et encourageante.
Et cela devient aussi plus facile pour vous car vous comprendrez de suite le problème rencontré par l’enfant (si problème il y a) et pourrez trouver une solution au plus vite avant que l’enfant accumule des lacunes.

Pour se faire, il faut lorsque vous préparer votre cours ou choisissez un support, vous mettre, avant toute chose, à la place de l’enfant :

  • Où en est exactement l’enfant dans ses apprentissages à ce moment-là?
  • Est ce qu’en préparant cette leçon ou en utilisant ce support il y aura plusieurs notions inconnues pour l’enfant ou non?

C’est en répondant à ces questions que vous pourrez préparer la leçon ou choisir le support le plus adapté pour l’enfant.
Attention, ce support ne sera pas forcément celui qui vous plaît le plus à vous !

Ne perdez donc pas de vue qu’un support efficace est un support qui doit:

  • plaire avant tout à l’enfant ;
  • être adapté à ses capacités ;
  • atteindre l’objectif fixé.

Laisser un Commentaire